La bi-activitié : une protection inégale face aux crises

Olivier Baguelin (University of Evry Paris-Saclay)

 

La bi-activité est-t-elle une protection également accessible à l’ensemble des groupes sociaux ? Cette question

est traitée sous l’angle de l’accès à l’emploi des femmes en couple par comparaison à celui des femmes sans

conjoint. Centrée sur la récession de 2008, l’analyse utilise les données de l’enquête Emploi sur la période

2003-2012 et porte sur des femmes de 25-54 ans. Les résultats obtenus permettent de répondre à deux

questions principales : en matière de probabilité d’emploi féminin, vivre en couple fait-il une différence ? Le

cas échéant, le groupe socioprofessionnel du conjoint fait-il une différence ? L’analyse apporte une réponse

positive à chacune de ces questions en conditionnant finement selon l’âge, le niveau de diplôme et la

nationalité d’une part, en mettant en œuvre une démarche de double-différence pour neutraliser l’action de

déterminants de l’accès à l’emploi commun aux femmes en couple et aux femmes sans conjoint, d’autre part.

Vivre en couple accroît la probabilité d’emploi des femmes lorsque le conjoint est lui-même actif... pourvu

qu’il ne soit pas ouvrier. Ce résultat prévaut en phase de récession sauf lorsque le conjoint est ouvrier. Le

surcroît de probabilité d’emploi mesuré est de 3 points de pourcentage en faveur des femmes en couple avec

un employé plutôt qu’avec un ouvrier. Ces résultats économétriques sont très robustes, en particulier aux

risques d’erreur de spécification ; cela tient au choix d’une spécification saturant la partie conditionnement

de l’équation de régression.

Mots-clés Classification JEL J2, J3, J6.