La bi-activitié : une protection inégale face aux crises
La bi-activité est-t-elle une protection également accessible à l’ensemble des groupes sociaux ? Cette question
est traitée sous l’angle de l’accès à l’emploi des femmes en couple par comparaison à celui des femmes sans
conjoint. Centrée sur la récession de 2008, l’analyse utilise les données de l’enquête Emploi sur la période
2003-2012 et porte sur des femmes de 25-54 ans. Les résultats obtenus permettent de répondre à deux
questions principales : en matière de probabilité d’emploi féminin, vivre en couple fait-il une différence ? Le
cas échéant, le groupe socioprofessionnel du conjoint fait-il une différence ? L’analyse apporte une réponse
positive à chacune de ces questions en conditionnant finement selon l’âge, le niveau de diplôme et la
nationalité d’une part, en mettant en œuvre une démarche de double-différence pour neutraliser l’action de
déterminants de l’accès à l’emploi commun aux femmes en couple et aux femmes sans conjoint, d’autre part.
Vivre en couple accroît la probabilité d’emploi des femmes lorsque le conjoint est lui-même actif... pourvu
qu’il ne soit pas ouvrier. Ce résultat prévaut en phase de récession sauf lorsque le conjoint est ouvrier. Le
surcroît de probabilité d’emploi mesuré est de 3 points de pourcentage en faveur des femmes en couple avec
un employé plutôt qu’avec un ouvrier. Ces résultats économétriques sont très robustes, en particulier aux
risques d’erreur de spécification ; cela tient au choix d’une spécification saturant la partie conditionnement
de l’équation de régression.
Mots-clés Classification JEL J2, J3, J6.